Née à Gand en Belgique, j’ai des racines en Flandre, ma vie en région francophone et mes échappées un peu partout ailleurs. Ainsi s’écrit, au-delà des frontières, une histoire de tissage et de métissage, un parcours un peu nomade qui, au-delà de la langue, de l’appartenance et de l’identité, m’assure qu’on peut être d’un pays intérieur et que notre histoire nous habite.

Cette histoire peut se dire, se décliner de différentes manières, se construire ou se reconstruire. En parlant, en creusant la langue, en écoutant la manière dont chacun se trouve, en respirant autrement dans un monde où on retient son souffle, ses mots vrais et ses émotions. Et donc, j’écris, je creuse la langue.

Licenciée (master) en sciences de l’Education et formatrice d’adultes, je vois l’éducation et la formation, notamment celles des femmes, comme des priorités : elles donnent des outils pour construire son savoir ou sa vie et peuvent s’entendre comme « auto-formation »  dans le sens où on peut tirer un apprentissage de ses expériences, de ses erreurs ou de ses réalisations.

J’ai animé, pendant plus de vingt ans, divers groupes d’adultes en tant que formatrice (notamment pour l’Ecole des Parents et des Educateurs ou pour L’Accordance asbl) : gestion de ses émotions par le rebirth, écoute active et centrée sur la personne (Et si on apprenait à écouter ?), abord de son histoire transgénérationnelle et déploiement de sa créativité par l’atelier d’écriture.

J’ai enseigné quinze ans à la HELHO (Haute Ecole du Hainaut Occidental, actuellement, la HELHa, Haute Ecole de Louvain en Hainaut) à des étudiants en soins infirmiers : psychologie sociale, initiation à la relation soignant-soigné, accompagnement des mourants et communication non verbale…

La psychanalyse dans les années 80 m’a appris que nous avons un savoir en nous et sur nous, souvent à notre insu, qu’on peut se découvrir en parlant, qu’on peut déployer ses ressources singulières à partir de ses failles.

Les ateliers d’écriture que j’ai animés pendant vingt-cinq ans m’ont ouvert des perspectives extraordinaires en matière de créativité et de lâcher-prise, d’écoute de soi et de l’autre.

L’écoute « active » ou « centrée sur la personne » (Rogers) m’a branchée sur l’approche humaniste de la relation d’aide, qui facilite et stimule l’expression d’un sujet ayant en lui le potentiel pour se réaliser.

Ma formation initiale de sage-femme m’a fait valoir l’importance du corps et de sa mise en jeu dans tout processus de formation ou de trans-formation. Successivement, le recours à la philosophie orientale et à sa notion de circulation de l’énergie, la pratique du massage (do-ïn et shiatsu), la relaxation et la sophrologie, l’initiation à la psycho-cinétique (la parole telle qu’elle s’invente à partir du mouvement, Fontana), la co-animation de groupe de « relaxation et mouvement » (De Caevel) et enfin la formation en tant que rebirther (Joris, Clausse) au début des années 90 m’ont confortée dans cette nécessité d’intégrer corps et parole.
Le rebirth et les « jeux de passage » permettent de remonter le cours de son histoire jusqu’à ses toutes premières expériences en ce monde : la naissance et même le vécu dans le monde prénatal et la conception.

Cette approche interpelle forcément le système familial, la manière dont il se constitue et comment on s’y inscrit. Comme l’individu, la famille est le produit d’une histoire et l’arbre généalogique un ensemble complexe qui a ses propres lois. Je me suis donc fortement intéressée à l’impact transgénérationnel sur notre actualité. Impact comportemental, émotionnel ou physique. Car c’est aussi dans notre corps que nous conservons nos mémoires, les traces d’un parcours et des événements qui nous ont marqués. J’ai tenté de camper ce contexte familial, socio-culturel et historique en écrivant, entre autres, des «  romans familiaux ».
Croiser, dans son histoire de vie, les dimensions du psychisme et du social m’a naturellement amenée à me former à la spécificité du « Récit de vie » (de Villers, UCL).

La pratique de l’écriture m’apprend que la fiction peut être tout aussi heureuse quand il s’agit de combler les lacunes de la mémoire, traduire le chatoiement d’un vécu ou déployer un univers intérieur.

Je suis membre de :
* L’Association des Praticiens du Souffle
* L’Accordance asbl (Association de thérapeutes partageant une vision holistique de l’humain).
* L’association des Ecrivains belges de langue française
* L’association des Ecrivains Wallonie-Bruxelles. (AREAW)