2020-05-10 Colette Cambier

Née à Gand (Belgique), j’ai des racines en Flandre, ma vie en région francophone et mes échappées un peu partout. Mon histoire est faite de tissage et de métissage, c’est un parcours un peu nomade qui, au-delà de la langue, de l’appartenance et de l’identité, chemine vers un pays intérieur.

Notre histoire nous habite et peut se décliner de différentes manières. En parlant, en creusant la langue, en écoutant la manière dont chacun se trouve, en respirant dans un monde où on retient son souffle, ses mots vrais et ses émotions.

Licenciée (master) en sciences de l’Education et formatrice d’adultes, je vois l’éducation et la formation, notamment celles des femmes, comme des priorités.

J’ai animé, pendant plus de vingt ans, divers groupes d’adultes en tant que formatrice notamment à l’Ecole des Parents et des Educateurs et dans l’asbl L’Accordance.

J’ai enseigné quinze ans à la HELHO1 à des étudiants en soins infirmiers : psychologie sociale, initiation à la relation soignant-soigné, accompagnement des mourants et communication non verbale…

La psychanalyse dans les années 80 m’a appris que nous avons un savoir en nous et sur nous, souvent à notre insu, et qu’on peut déployer ses ressources singulières à partir de ses failles.

J’ai découvert les ateliers d’écriture dès 1985 à la Scribande2 et suivi la première formation prodiguée par l’asbl en 1990 avant d’animer des ateliers pendant vingt-cinq ans. Cette pratique m’a ouvert des perspectives extraordinaires en matière de créativité et de lâcher-prise.

L’écoute « active » ou « centrée sur la personne3 » m’a branchée sur l’approche humaniste de la relation d’aide, qui facilite et stimule l’expression d’un sujet ayant en lui le potentiel pour se réaliser. Et si on apprenait à écouter ?

Ma formation initiale de sage-femme m’a fait valoir l’importance du corps et de sa mise en jeu dans tout processus de formation ou de trans-formation. Successivement, le recours à la philosophie orientale et à sa notion de circulation de l’énergie, la relaxation et la sophrologie, l’initiation à la psycho-cinétique4, la co-animation de groupes de « relaxation et mouvement5 » et enfin la formation en rebirth6 au début des années 90 m’ont confortée dans cette nécessité d’intégrer corps et parole.
La respiration amplifiée et les « jeux de passage7 » permettent de relire son histoire jusqu’à ses toutes premières expériences au sein du monde prénatal et au cours de la naissance.

Cette approche interpelle forcément le système familial, la manière dont il se constitue et comment on s’y inscrit. Comme l’individu, la famille est le produit d’une histoire et l’arbre généalogique un ensemble complexe qui a ses propres lois et impacte nos comportements, nos émotions ou notre corps porteur de mémoires. J’ai utilisé cette approche transgénérationnelle dans mes premiers romans «  familiaux ».


La formation au « Récit de vie8 » m’a appris à croiser psychisme et social dans une «  histoire de vie » .

Enfin, la pratique de l’écriture m’apprend que la fiction peut être tout aussi heureuse quand il s’agit de combler les lacunes de la mémoire, traduire le chatoiement d’un vécu ou déployer un univers intérieur.

Je suis membre de :
* L’Association des Praticiens du Souffle
* L’Accordance asbl (Association de thérapeutes partageant une vision holistique de l’humain).
* L’association des Ecrivains belges de langue française
* L’association des Ecrivains Wallonie-Bruxelles. (AREAW)

Note :
(1) Haute École du Hainaut Occidental, actuellement HELHa, Haute École de Louvain en Hainaut.
(2) Association d’ateliers d’écriture fondée par Paul Mahieu, Jean-Luc Dubart et Dominique Menu
(3) Initiée par Carl Rogers.
(4) La parole telle qu’elle s’invente à partir du mouvement. Henry Fontana.
(5) Henri De Caevel.
(6) Marguerite Joris-Leblanc, Paule Clausse.
(7) Ou « Jeux de naissance », initiés par William Emerson (USA). Adaptés pour la Belgique par Monique Somers
(8) Guy de Villers, UCL.